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Δευτέρα 12 Μαΐου 2014

Syrie : Le Jarba … le Coronavirus… et le Boko Haram !


« Puisque Strauss a enseigné que le déterminisme mettait naturellement “la minorité éclairée” en position de diriger “la multitude bornée”, puisque la vertu est déterminée par l’élite dirigeante, puisque la moralité n’existe pas, puisque la justice est seulement l’intérêt du plus fort, puisque le pouvoir de la minorité éclairée est absolu, autoritaire et ne peut être remis en question, puisque la religion est “le ciment qui tient la société ensemble”, utiliser la religion à des fins politiques, mentir, tricher, dissimuler et intimider sont un bien nécessaire pour atteindre les objectifs recherchés par le gouvernement. La manipulation des “masses bornées” devient une fin en soi et la distorsion des mots et des concepts devient la méthode de manipulation… » [William A. Cook] [1]


Lorsque le Coronavirus nous infecte [2] à la manière de l’idéologie qui se faufile dans nos âmes, pour nous convaincre qu’il y aurait une différence entre les idéologies « folles » et les idéologies « meurtrières », et que la mort festoie parmi nous en un carnaval terrifiant, comme si nous ne chancelions pas tels des funambules entre cette idéologie infecte et celle du Boko Haram [3], laquelle idéologie correspond à toute une dialectique portant sur « l’obscurantisme fanatique » doctrinaire, politique, et stratégique dans lequel Léo Strauss a prédit [4] que nous nous enfoncerions jusqu’à l’ivresse ; nous sommes censés être dans l’impossibilité d’envisager notre libre arbitre, ni par rapport à Dieu vu l’interprétation barbare de ses Textes, ni par rapport à l’Histoire dont nous ne retenons que les cris sanglants.
Ceci dit, nous sommes-nous demandé pourquoi tant d’insistance pour que Dieu et l’Histoire ouvrent leurs portes à un tel fleuve de sang ?
N’avons-nous pas noté qu’alors que le président Barack Obama se prépare à recevoir Ahmad al-Jarba [5] – prétendument sans avoir consulté Robert Ford, son ex-ambassadeur en Syrie, sur les « vertus exceptionnelles » du bonhomme – le boss de Boko Haram, le dénommé Abou Bakr Chico, a signifié au monde entier : « Voilà l’Islam inventé par l’Amérique ! » ? [6].
Ne savons-nous pas qui a créé Oussama Ben Laden [7][8], le mollah Omar et Ayman al-Zawahiri ?
N’avons-nous pas compris qui a fabriqué le mouvement des « Taliban » dans le but de protéger les gazoducs qui courent du Turkménistan à l’océan Indien ?
N’avons-nous pas encore compris qui a semé parmi nous « les us et coutumes des chameaux », pour nous dresser telle une muraille face au communisme idéologique, avant de transformer nos corps en théâtre de jeu au profit de ses seuls intérêts ?
N’était-ce pas terrifiant de voir Abou Bakr Chico, censé être une extension de nous-mêmes, se dandiner tel un hystérique en annonçant qu’il vendrait les étudiantes mineures enlevées au Nigéria sur le marché des esclaves ; vente qu’il inaugurerait en épousant deux d’entre elles ?
En quoi ce loup est-il différent de Abou Moussab al-Zarqaoui, de Abou Muhammad al-Maqdisi, de Abou Bakr al-Baghdadi, de Abou Muhammad al-Joulani, et de tous les « Abou »… [Père de..., en arabe, NdT] pour nous qui avons vécu, dans la tourmente de l’ère palestinienne, la « malédiction de tant de pères » ; celle d’Abu la terreur, puis celle d’Abu la mort, pour en arriver maintenant à celle d’ « Abou l’arabe » qui se vante d’étaler son butin de têtes tranchées sur son présentoir à légumes ?
Qui doute du droit du peuple syrien à la justice et à la démocratie ? Mais que représente al-Jarba en la matière, alors que nous savons tous qu’il est dirigeable de la même façon qu’on dirige les chameaux ? En quoi ces résurgents de Houlagou, de Dracula, ou de ceux qui ne sont pas encore sortis de l’Âge de pierre, et qui sont définitivement incapables d’en sortir, peuvent-ils offrir la démocratie aux Syriens ? En quoi sont-ils susceptibles de corriger les défauts d’un régime prétendument seul coupable de la tragédie en cours ?
Al-Jarba peut bien applaudir parce que Washington a accordé le statut de « mission diplomatique » aux bureaux de la Coalition nationale syrienne [de là à parler d’ambassade !!! [9], NdT]. Mais, a-t-il intégré que cette mesure n’a aucun sens et surtout ne procure aucune immunité diplomatique ? Et, que cherche ce révolutionnaire très visiblement « halluciné » ?
Ne sait-il pas pertinemment qu’il aura tout au plus une photo de lui en compagnie du maître de la Maison Blanche et, si Dieu le veut, une poignée de dollars ? Il est vrai qu’on parle de 27 millions de dollars destinés en grande partie aux « révolutionnaires en hôtels cinq étoiles », lesquels céderont un peu de mitraille aux mercenaires coincés dans leurs conduits souterrains [10]. Comme il est vrai qu’il a déjà réclamé des « armes efficaces » pour détruire les avions et les blindés du « régime », dans l’espoir de monter son chameau [blanc ?] avant de partir à l’assaut du palais présidentiel, où il serait enfin sacré président de la République syrienne par tous ceux qui sont déterminés à imposer définitivement leur tutelle sur la Syrie.
Sage ! Sage bonhomme, parce que ton rôle est celui du pantin. N’as-tu pas constaté l’allégresse des sénateurs John Mc Cain et Lindsey Graham lorsque tu as atterri à Washington? Ne sais tu donc pas que c’est ainsi qu’ils manipulent les marionnettes qui exécutent, à la lettre, leurs stratégies meurtrières ? D’ailleurs, ils ne se donnent même plus la peine de taire le rôle du lobby sioniste rejoint par un autre lobby arabe, dans la préparation de ta visite.
Quel autre prétexte leur reste t-il pour justifier le recrutement d’une nouvelle armée de mercenaires qui occuperait durablement l’Armée nationale syrienne ?!
Qui accepterait que tombe le rideau ? Qui accepterait que la crise syrienne prenne fin ? Israël ? La Turquie ? Ou les arabes ? Lesquels arabes, lorsqu’ils pointent leur nez en dehors de leurs abaya et folie tribales, sont bien obligés de constater que le mode de propagation virale par un coronavirus est parfaitement superposable à celui de l’idéologie qui imprègne désormais l’ensemble de nos sociétés ? Se sont-ils posé la question de savoir en quoi Abou Bakr Chico était si différent des membres du réseau terroriste récemment découvert au royaume d’Arabie saoudite [11], lequel réseau est en liaison opérationnelle et logistique avec celui de DAECH [EIIL : État Islamique en Irak et au Levant] qui opère en Syrie ?
Tout cela ne suffit donc pas pour que nous comprenions enfin où nous irions et à quel point nous serions désintégrés si la Syrie venait à être disloquée ou à disparaître ?
Le plus désolant est de voir nos « intellectuels » débattre, encore et toujours, sur la nécessaire démocratie en Syrie. Et uniquement en Syrie ! Quant à savoir pourquoi Platon n’est invité à fouler que le sol du territoire syrien, et d’aucun autre pays arabe, c’est une autre affaire.
Comment est-il possible que notre nation supporte une telle manipulation alors que nous voyons nos terres se dérober sous nos pieds ?
Est-il possible qu’Ahmad al-Jarba ignore ce qu’il représente aux yeux des agences du Renseignement des États-Unis ? Ne sait-il donc pas qu’il remplit la fonction d’une allumette, ni plus, ni moins?
Tout un monde arabe et tout un monde musulman résumés en Boko Haram ? Pas question de laisser Abou Bakr Chico nous brader au marché des esclaves !
Nabih al-Borji
11/05/2014

Source : Al-Diyar
http://www.charlesayoub.com/more/747740
Traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal
Notes :
[1] Arracher le voile de la civilité israélienne
[2] Le coronavirus s’installe au Moyen-Orient
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/05/08/22320-coronavirus-sinstalle-moyen-orient
[3] Boko Haram
[4] Politique de la peur
http://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_de_la_peur
Extrait :
Leo Strauss, philosophe politique, développe l’idée que le peuple est divisé en « nombreux communs » (« vulgar-many ») et « peu de sages » (« wise-few »). Les sages ont pour tâche de maintenir l’ordre, et pour atteindre leur but peuvent user de « nobles mensonges » (« noble lies »). Si les « nombreux communs » sont laissés à l’individualisme, au libéralisme et au relativisme, il ne peut en résulter que le chaos. Un mythe inventé par les dirigeants servira à contrôler le peuple. En inventant ou en entretenant une « guerre perpétuelle », le peuple pourra être mené pour son propre bien22. Les néo-conservateurs américains se réclament de la philosophie de Leo Strauss
[5] Le chef de l’opposition syrienne à Washington
[6] La vidéo du leader de Boko Haram / par « Le Monde »
http://www.dailymotion.com/video/x1taljq_la-video-du-leader-de-boko-haram_news
[7] Hillary Clinton: ‘We Created al-Qaeda’
[8] Hillary Clinton We created Al Qaeda
[9] La Coalition nationale syrienne a désormais une ambassade à Washington
[10] Syrie : Une guerre souterraine au propre et au figuré !
[11] Arabie saoudite : démantèlement d’un réseau “terroriste” lié à el-Qaëda
Monsieur Nabih al-Borji est un auteur et un analyste politique libanais.
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